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27 juin 1977 – 27 juin 2021: 44 ans déjà… Bernardin Gantin fait Cardinal par le Pape Paul VI

Premier archevêque métropolitain africain en 1960, et premier cardinal africain à la tête d’un dicastère du Vatican, en 1977, le cardinal Gantin a été archevêque de Cotonou, au Bénin, avant d’être appelé à la Curie romaine où il a dirigé notamment les conseils pontificaux Cor Unum et Justice et paix puis la congrégation pour les évêques et la Commission pontificale pour l’Amérique latine. Doyen du sacré collège jusqu’en 2002, il avait obtenu l’autorisation de rentrer dans son pays, le Bénin.

Le cardinal Gantin reste un pasteur éminent, à la prédication fine, à l’étonnante capacité d’écoute, et aux exceptionnelles qualités humaines qu’il a fait rayonner depuis son Dahomey natal (l’actuel Bénin) jusqu’à la Cité du Vatican. Partout on a pu apprécier ses qualités de cœur.

Nous gardons de Lui, le style Gantin qu’il a imposé comme une exigence et une priorité : la présence à l’homme, le témoignage rendu aux valeurs du Royaume, le dialogue inter-religieux, la justice et la paix. Le cardinal Gantin avec ses frères dans l’épiscopat s’est investi d’une immense tâche, à sa façon, faite de discrétion, de mesure, de noblesse. Il s’agit de l’inculturation qui apparaît aujourd’hui comme l’une des grandes attentes que l’Église s’efforce d’honorer en Afrique.

Né le 08 mai 1922 à Toffo dans un petit village au Nord de la ville historique d’Allada, de Henri Gantin et de Anne Tonondji, Bernardin Gantin a été baptisé le 22 janvier 1925 par le Père Albert Gaymard. Après sa formation au catéchisme de façon régulière, il reçut en 1933 sa Première Communion des mains du Père François Leport (Sma), à la mission catholique d’Abomey. Plus tard, Mgr François Steinmetz lui confère le sacrement de confirmation. Il fit ses études primaires de 1929 à 1935 à Abomey. Après une première rentrée au préséminaire Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus le 22 février 1935, il fera une seconde rentrée au Petit Séminaire Sainte Jeanne d’Arc le 28 octobre 1935. Douze ans plus tard, il fera sa prise de soutane le 24 février 1947 et le sous-diaconat le 15 janvier 1950 à Ouidah. Quelques mois après soit le 25 mars 1950, il deviendra diacre puis sera ordonné prêtre le 14 janvier 1951 par son Excellence Monseigneur Louis Parisot. en l’Eglise de l’Immaculée Conception à Ouidah avec son frère jumeau, l’Abbé Christophe Adimou.

De 1951 à 1953, il a exercé comme professeur au petit séminaire Sainte Jeanne d’Arc où il avait été formé. Il est ensuite envoyé aux études supérieures à Rome dans les universités pontificales Urbaniana et Laterano ; il obtient en 1954, sa licence de Théologie, et en 1955 celle en Droit canonique. Il préparait sa thèse de doctorat quand il a été nommé évêque auxiliaire de Cotonou par le Pape Pie XII le 11 décembre 1956. Sacré à Rome le 03 février 1957 par le cardinal Tisserant alors Doyen du Sacré Collège, il revint au Dahomey où il assuma, durant l’absence de Mgr Parisot, l’intérim de l’archidiocèse dont il prend la charge deux ans après. Promu donc archevêque de Cotonou le 05 janvier 1960, il est intronisé le 17 mars premier archevêque métropolitain africain par Mgr Maury, alors délégué apostolique pour l’Afrique occidentale et résident à Dakar, en la Cathédrale Notre-Dame de Miséricorde de Cotonou. Pendant ce temps, il participe aux travaux préparatoires du Concile Vatican II de 1959 à 1962 et au Concile lui-même du 11 octobre 1962 au 07 décembre 1965.

Plus tard, il est nommé secrétaire-adjoint de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples le 05 mars 1971 et il quitte son pays natal pour Rome. Il ne resta pas longtemps à ce dicastère, et fut nommé responsable du Secrétariat de Justice et Paix dans le monde. C’est à ce poste qu’il a été fait Cardinal lors du consistoire du 27 juin 1977 par le Pape Paul VI en même temps que le cardinal Joseph Ratzinger, futur Pape Benoît XVI. Le Pape Jean-Paul II, victime d’un attentat le 13 mai 1981 sur la place Saint-Pierre à Rome, l’envoie en qualité de Légat au Congrès eucharistique international de Lourdes en 1981. Il a pendant ce temps porté les titres de cardinal-diacre et cardinal-prêtre de Sacro Cuore di Cristo Re.Le 08 avril 1984, le Chef suprême de l’Eglise de Jésus-Christ le nomme Préfet de la Congrégation des Evêques et Président de la Commission pontificale pour l’Amérique Latine. Le 04 juin 1993, à la suite des résultats de l’élection des Cardinaux de l’Ordre épiscopal, le Cardinal Gantin se verra confier les fonctions de Doyen du Collège Cardinalice avec le titre de l’Eglise suburbicaire d’Ostie après celui de Palestrina. Il démissionne de cette charge le 04 novembre 2002 et retourne au Bénin, sa terre natale le 30 novembre 2002 pour y passer le temps de sa retraite. Il meurt à Paris à l’hôpital Georges Pompidou le 13 mai 2008 et est inhumé dans la chapelle du Grand Séminaire Saint-Gall de Ouidah.  

Sens du blason du Cardinal GANTIN.

Le blason de Monseigneur Gantin est simple mais significatif.

Au centre se dresse en noir un arbre de fer. C’est la traduction concrète du nom Gantin, de ‘’Gan’’ fer, et de ‘’Atin’’ arbre. L’aïeul de son Excellence, nous dit l’histoire, fut installé à Zagnanado par le roi d’Abomey pour servir de remparts contre les invasions menaçantes d’Abéokouta.

Comme l’aïeul au service du roi, Monseigneur Gantin se met corps et âme à la disposition du Seigneur ‘’à son saint service’’ pour que le Règne de Dieu s’étende à tous par le Cœur Immaculé de Marie, Reine du monde. Ainsi donc nous avons l’image du Cœur Immaculé de Marie auquel est consacré le Dahomey et la couronne pour signifier la Royauté universelle de la Madone proclamée en 1954.

Author

Hugues Hector ZOGO

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