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AMOUR INTERDIT ENTRE PROFESSEURS ET éTUDIANTES : Quid de la problématique des grossesses non désirées?

AMOUR INTERDIT ENTRE PROFESSEURS ET ETUDIANTES : Quid de la problématique des grossesses non désirées?

Il est communément admis que le développement n’est pas seulement un phénomène économique, mais un processus multidimensionnel combinant l’économique et le social. Les grossesses en milieu universitaire se présentent comme un problème d’ordre social et de ce fait, susceptible de constituer une entrave à l’émergence tant prônée par les autorités ivoiriennes, méritent dès lors une attention particulière en vue d’un changement de comportement. C’est à cette fin que ce dossier spécial est réalisé par la Rédaction de votre magazine.

LA REDACTION

C’est un immense tabou dans les collèges et les universités. Les relations intimes entre professeurs et étudiants — surtout des étudiantes — existent depuis toujours, mais des voix s’élèvent pour encadrer ces liaisons qui causent un malaise grandissant au système éducatif. Il est recommandé aux enseignants d’éviter « tout rapport intime (amoureux ou sexuel) » avec une étudiante ou un étudiant. C’est une forme d’autodiscipline de la profession qui est prônée, un peu comme les psychologues, les médecins ou les travailleurs sociaux, qui s’interdisent les relations intimes avec leurs patients. En privé, certains admettent « qu’on ne peut pas empêcher un cœur d’aimer ». Les liaisons entre professeurs et étudiantes sont courantes. Des universitaires disent redouter qu’un vent de rectitude politique dicte à des adultes consentants comment se comporter. Heureusement que dans les maisons d’enseignement supérieur en l’occurrence, les COURS SONOU, les rapports sexuels ou amoureux entre professeurs et étudiants font l’objet de réglementation. Des voix influentes s’élèvent pour empêcher ces éventuelles relations qui peuvent mener à des abus de pouvoir de la part de professeurs — ou à du chantage par des étudiants.
A l’institut universitaire les Cours SONOU, il est prôné un « code de conduite qui proscrit les rapports amoureux et sexuels entre le personnel et les étudiantes et étudiants ». De telles relations qui s’inscrivent dans un rapport de pouvoir “maître-élève”, elles peuvent devenir toxiques et avoir des conséquences néfastes pour les jeunes. Le fondateur de l’institut, Fabrice SONOU appelle à « proscrire tout rapport intime (amoureux ou sexuel) » avec des étudiants ou des étudiantes. Les enseignants sont en « position de pouvoir » par rapport aux étudiants. Pour des raisons éthiques, les professeurs doivent éviter toute apparence de conflit d’intérêt dans leurs fonctions, et notamment dans l’évaluation des étudiants. Une relation intime entre un professeur et une étudiante n’est pas recommandée. Il urge de préparer un guide pratique destiné aux universités pour encadrer le traitement des plaintes pour harcèlement ou discrimination sexuelle. Ce processus doit être « sécurisé, crédible, accessible, impartial et efficace ». Un processus comme celui-là manque cruellement dans les collèges et les universités. La majorité des établissements d’enseignement supérieur ne dispose pas de politique claire pour prévenir le harcèlement sexuel ; et le traitement des plaintes varie d’un établissement à l’autre. Généralement, quand aucune sanction n’est prise, on assiste à des cas de grossesse.
Si la grossesse est un accomplissement dans bien des cas, elle peut aussi constituer un handicap majeur dans certaines situations, singulièrement quand elle survient lors d’un cursus de scolarisation ou de formation. Assurément, la grossesse en milieu scolaire constitue un frein à l’épanouissement et à l’éducation des jeunes filles. C’est, en tout cas, l’avis du gouvernement tout entier qui a, de ce fait, décidé d’engager « une lutte vigoureuse contre ce fléau ». Cependant, le constat est que, malgré les efforts du gouvernement à se conformer aux objectifs de développement durable (ODD) et en dépit de l’engagement effectif des organismes internationaux (Banque Africaine de Développement (BAD) et l’UNICEF pour la promotion de la scolarisation des filles), la situation ne semble guère s’améliorer. Le taux de scolarisation de la jeune fille demeure faible, notamment dans le Nord du pays et cela, en partie à cause de la prolifération des grossesses en milieu scolaire.

Face à un tel constat, l’on s’interroge : comment prévenir les grossesses en milieu scolaire afin de juguler les nombreux cas d’échecs des jeunes filles et contribuer efficacement à la sensibilisation pour la scolarisation de la jeune fille dans nos universités ? Les causes de la grossesse en milieu universitaire sont nombreuses. Tout part en général des rapports sexuels non ou mal protégés. Au-delà de ce principal facteur, la grossesse en milieu universitaire est liée à plusieurs autres causes que nous avons pu décliner à partir des différents entretiens avec les étudiants enquêtés. Ce sont : 

– L’ignorance, entendue comme le manque de connaissance lié à la sexualité et aux méthodes contraceptives ; 

– la sexualité clandestine des étudiantes, justifiée par les conflits de générations, de culture et le manque de communication entre les parents et leurs enfants sur les questions de la sexualité (le sujet étant considéré comme tabou) ; – la non ou mauvaise application des méthodes contraceptives (les services spécialisés et les séances de sensibilisation étant rares) ; 

– le difficile accès aux méthodes contraceptives ; 

– le manque d’éducation à la sexualité à l’université (les cours dédiés à l’éducation sexuelle sont presqu’inexistant) ;
– Le harcèlement sexuel auquel se livrent certains professeurs ou personnels administratifs des établissements envers les jeunes filles;

 – le manque de formation des professeurs à la déontologie ; 

– la pauvreté qui pousse certaines jeunes étudiantes à se livrer au premier venu moyennant un soutien financier et ou une bonne note.
Ces causes, multiples et variées, entraînent des conséquences toutes aussi diverses que parfois dramatiques.
Qu’elles aient été contractées en milieu universitaire ou non, les conséquences des grossesses non désirées et/ou précoces sont les suivantes : 

– un risque de stérilité lié à l’interruption volontaire et clandestine de la grossesse ;

 – des troubles ou maladies obstétricaux tels que la fistule obstétricale ; 

– problèmes psychiques liés aux regards malveillants de l’entourage (surtout pour les jeunes étudiantes) ; 

– la mort suite aux complications de la grossesse et de l’accouchement. 

Sur le plan psycho-social, il y a :

 – risque d’abandon du bébé ;

 – perte d’estime de soi ;

– rejet par la famille et la communauté ; 

– destruction des projets de vie et perte de repères. 

Il y a surtout désormais, le maintien de la pauvreté car les charges supplémentaires liées au bébé accentuent les soucis financiers de la nourrice qui était jusqu’alors, étudiante. Sur le plan scolaire, il y a la baisse ou absence de rendement, l’abandon des études de façon périodique.
Avec toutes ces conséquences, il est évident que les grossesses précoces et non désirées en milieu estudiantin constituent un problème de santé sexuelle face auquel il convient de se mobiliser. Les grossesses en milieu estudiantin constituent un fléau qui menace le système éducatif en général et la scolarisation féminine en particulier. Une absence de connaissances qui expose les étudiantes à plusieurs risques. Ceux-ci aboutissent au mieux à leur déscolarisation et à la baisse du niveau d’instruction des femmes, au pire, à des conséquences dramatiques. Cette situation compromet l’émancipation féminine, facteur d’émergence et de développement. Face à cela, une action conjuguée des parents, du système éducatif et du système sanitaire s’impose afin de réduire considérablement l’ampleur de ce phénomène. Sinon, le risque de voir anéantir tous les efforts de scolarisation féminine deviendra inéluctable. « Donner la vie devrait être un acte volontaire libre et accepté par tous les membres du corps social auquel une femme a consenti d’offrir une partie d’elle-même, une partie de son sang et de son être tout entier. Cet acte ne devrait nullement donner lieu à un rejet, au bannissement, il ne devrait entraîner la mort de la mère, et/ou de l‘innocent qui vient au monde ».

 

Author

Hugues Hector ZOGO

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