Éducation

CRISE DE LA LANGUE ETRANGERE : Pourquoi le Français souffre dans les universités ?

CRISE DE LA LANGUE ETRANGERE : Pourquoi le Français souffre dans les universités ?

Le français bénéficie dans les universités une position privilégiée. Il occupe l’essentiel du temps scolaire, comme discipline et comme langue support des autres apprentissages. Sa maîtrise constitue une des conditions majeures d’accès à la réussite scolaire. Cette fonction, qui fait consensus auprès des familles, trouve son origine dans un très long processus d’élaboration historique et disciplinaire, inséparable de la construction de l’État-nation. Cependant cette position, si favorable dans l’enseignement scolaire, l’est moins dans l’enseignement supérieur, où la présence de l’anglais est de plus en plus affirmée, de même que dans la recherche scientifique. Pourquoi le Français souffre dans les universités ?

Mika PRODJINONTHO (Journalisme, Licence 1)

Le Français est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes dont les locuteurs sont appelés francophones. Le français est parlé, en 2018, sur tous les continents par environ 300 millions de personnes : 235 millions l’emploient quotidiennement, et 90 millions sont des locuteurs natifs. 2ième langue parlée sur les cinq continents, le français est une langue de communication majeure. Sa maîtrise est donc une véritable plus-value professionnelle. Que ce soit pour travailler au sein de multinationales, d’institutions européennes, ou encore d’organisations internationales, le français a tout son intérêt.

Malheureusement, le français est en crise. Tous l’affirment. Et si l’on se fie aux médias, le mal est aigu, préoccupant. À sonder le fait dans quelques quotidiens béninois des dernières années, on récolte une brassée de titres tels que: «Le français s’appauvrit», «Faut-il encore enseigner la langue maternelle?», etc. Le constat est unanime, et le ton apocalyptique. Quant aux grandes lignes du diagnostic, elles sont les mêmes partout : pauvreté et imprécision générales du vocabulaire, coexistant, de manière un peu contradictoire, avec l’hypertechnicisme et la surcharge, confusion dans l’expression, tant à l’oral qu’à l’écrit, manque de maîtrise de la syntaxe… Mais la préoccupation n’est pas seulement celle de journalistes que l’on pourrait croire en mal de sensation.

Les acteurs de l’Education sonnent le tocsin, en dénonçant chez les étudiants une véritable faillite de la pensée, faillite se manifestant par des tares langagières. Laxisme dans l’enseignement de l’oral au nom d’une prétendue créativité débouchant sur l’absurde et l’informe; mythe de la non-directivité et de l’expression libre; désaffection vis-à-vis du livre et de la lecture; abandon de l’analyse, comme de renseignement de l’orthographe ; rêve, dont se bercerait la majorité du corps social, de s’abandonner aux pédagogies douces et aux machines infaillibles : machines à calculer, à traduire, à enseigner les langues, à remplacer les corrections, les exercices, les applications, les répétitions et la mémorisation… La liste ne s’arrête pas là : il y a encore l’incessante remise en question des matières à enseigner, la production fiévreuse de méthodes concurrentes, rompant toute continuité, le caractère incertain des rapports entre linguistique et grammaire… D’autres causes structurelles, enfin, venaient achever de noircir ce déjà sombre tableau : le nombre dérisoire d’heures imparties à l’enseignement de la langue française, le fait que celle-ci soit, pour une part croissante de la population scolaire, une langue étrangère; et enfin le prestige des «sciences quantitatives», jetant le discrédit sur des matières qui, par opposition, reçoivent un statut «qualitatif». Tentons de mettre un peu d’ordre dans les multiples manifestations du mal. Pour ceux qui se tiennent au chevet de notre langue malade, il y a lieu de mettre deux syndromes en avant. C’est d’une part la vague déferlante de l’anglomanie, de l’autre, la crise de l’orthographe. La première emporte tout sur son passage. L’anglomanie serait le signe de l’abandon de toute fierté, de l’impuissance, et d’un déclin dont chaque francophone porterait sa part de responsabilité. Quant à la disorthographie, elle exercerait ses ravages dans le corps social tout entier. L’origine de ce grand lâchez-tout ne se dissout pas dans l’air du temps. Tous les témoins interrogés dénoncent le grand fautif avec assez de clarté. Si les enseignants sont portés au laxisme et gangrenés par la linguistique moderne, les enseignés sont, eux, soucieux d’emprunter les filières les moins exigeantes. Mais les traîtres ne sont pas que là : on les débusque massivement regroupés derrière l’audio-visuel.

Dans les universités, l’utilisation de la langue française est de plus en plus mal employée par les étudiants. Ceux ayant des discussions sur les réseaux sociaux n’arrivent pas à écrire la totalité des mots mais préfèrent faire des abréviations. Ce qui engendre chez eux des fautes d’orthographe, de grammaire et de conjugaison. Le recul de la pratique de l’écrit et de la lecture ainsi que du manque croissant de concentration conduit les étudiants à avoir une malcompréhension au niveau du parlé. Il a été aussi remarqué que certaines représentations, héritées du programme scolaire perturbent l’accès à une verbalisation efficace des savoirs. Le concept de Français, langue seconde est comme on a pu le constater, à la fois complexe, discutable, et fécond, voire prometteur. La souffrance de cette langue dans les universités est juste causée par le manque de lecture et de compréhension des étudiants. Pour améliorer la performance des étudiants, il faut nécessairement mettre l’accent sur la compréhension, développer chez les étudiants, l’habileté à communiquer en toute liberté afin de leur permettre de s’exprimer correctement en Français.

Author

Hugues Hector ZOGO

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Mémoire Héritage | Contenu privé