Mémoire Héritage

La justice marche avec la paix. Elle est en relation constante et dynamique avec elle. La justice et la paix tendent au bien de tous et de chacun. Jean-Jacques GOLOU dans ses actes rappelle à tous de se rendre qu’il existe un lien étroit entre la justice de chacun et la paix de tous. Justice et paix ne sont pas des concepts abstraits ou des idéaux lointains ; ce sont des valeurs inscrites, comme un patrimoine commun, dans le cœur de chaque personne. Individus, familles, communautés, nations, tous sont appelés à vivre dans la justice et à œuvrer pour la paix. Personne ne peut se dispenser de cette responsabilité, telle est la vision de Jean-Jacques GOLOU.  

La pensée de Jean-Jacques GOLOU se tourne bien souvent vers tous ceux qui se trouvent impliqués, malgré eux, dans des conflits douloureux, ainsi que vers les exclus, les pauvres, les victimes de toutes sortes d’exploitation. Ce sont des personnes qui éprouvent dans leur chair l’absence de paix et les terribles effets de l’injustice. Qui pourrait rester indifférent à leur désir d’une vie enracinée dans la justice et dans la paix authentique ? Il est de la responsabilité de tous de faire en sorte que cela leur soit accordé : il n’y a de justice réelle que s’il est donné à tous de pouvoir en bénéficier d’une manière égale.

La justice est à la fois une vertu morale et un concept juridique. On la représente parfois les yeux bandés ; en réalité, c’est le propre de la justice de veiller attentivement à assurer l’équilibre entre les droits et les devoirs, de même qu’à encourager le partage équitable des coûts et des bénéfices. Quand il vous arrive de chercher à comprendre la position de Jean-Jacques GOLOU face à la justice, il vous dira simplement que « la justice restaure, elle ne détruit pas ; elle réconcilie, elle ne pousse pas à la vengeance. Sa racine la plus profonde, tout bien considéré, se situe dans l’amour, qui trouve son expression la plus significative dans la miséricorde. C’est pourquoi la justice sans l’amour miséricordieux devient froide et cassante ».

La justice est une vertu dynamique et vivante : elle défend et promeut l’inestimable dignité de la personne et elle prend en charge le bien commun, en tant que gardienne des relations entre les personnes et entre les peuples. L’homme ne vit pas seul ; dès le premier moment de son existence il est en rapport avec les autres, de sorte que son bien, comme individu, et celui de la société vont d’un même pas :  entre les deux aspects existe un équilibre fragile. La personne est par nature dotée de droits universels, inviolables, inaliénables. Ceux-ci, cependant, ne se maintiennent pas tout seuls. L’authentique rempart de la paix s’appuie sur le juste fondement anthropologique de ces droits et de ces devoirs, ainsi que sur leur corrélation intrinsèque. La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. L’universalité et l’indivisibilité sont deux principes de base qui exigent d’intégrer les droits humains dans les différentes cultures, et aussi d’approfondir leur caractère juridique afin qu’ils soient pleinement respectés. Le respect des droits de l’homme ne consiste pas seulement à assurer leur protection sur le plan juridique, mais il doit tenir compte de tous les aspects dérivant de la notion de dignité humaine, qui est le fondement même de tout droit. Dans cette perspective, Jean-Jacques GOLOU trouve qu’ « il est d’une grande importance d’accorder à la dimension éducative l’attention qui convient ». En outre, il importe de prendre également en considération la promotion des droits humains, qui est le fruit de l’amour pour la personne comme telle, puisque l’amour va au-delà de ce que la justice peut apporter. Pour parvenir à une société plus équitable, à une paix plus stable dans un monde en marche vers la mondialisation, chacun a pour tâche urgente de contribuer à promouvoir le sens de la responsabilité du bien commun. Mais, pour en arriver là, Jean-Jacques GOLOU nous donne la bonne formule au quotidien : il ne faut jamais perdre de vue la personne humaine, qui doit être placée au centre de tout projet social. Telle est la voie qui permet de bâtir une communauté fondée sur la confiance réciproque, sur le soutien mutuel, sur le respect sincère.

Que dire des graves inégalités ? La première des injustices est constituée par des situations de pauvreté extrême, où qu’elles se manifestent. Les éliminer doit être pour tous une priorité. On ne peut passer sous silence le vice de la corruption, qui mine le développement social et politique de nombreux peuples. C’est un phénomène en croissance, qui s’insinue dans beaucoup de secteurs de la société, bafouant la loi et ignorant les normes de la justice et de la vérité. Il est difficile de lutter contre la corruption, car elle revêt de multiples formes : étouffée dans un secteur, elle renaît bien des fois dans un autre. Il faut du courage même pour la dénoncer. Et pour l’éliminer, en plus de la volonté tenace des autorités, il faut le soutien généreux de tous les citoyens, animés par une forte conscience morale. Il est clair que la première responsabilité dans cette bataille retombe sur les personnes qui ont des charges publiques. Il est de leur devoir de veiller à une application équitable de la loi et à la transparence dans tous les actes de l’administration publique. Placé au service des citoyens, l’Etat est le gérant des biens du peuple, qu’il doit administrer en vue du bien commun. Le bon gouvernement exige un contrôle ponctuel et la parfaite honnêteté de toutes les transactions économiques et financières, publiques et privées. Pour Jean-Jacques GOLOU, on ne peut d’aucune manière permettre que les ressources destinées au bien public soient utilisées pour d’autres intérêts de caractère privé ou, encore moins, criminels. L’usage frauduleux de l’argent public pénalise surtout les pauvres, qui sont les premiers à souffrir de la privation des services de base indispensables au développement de la personne. Et quand la corruption s’infiltre dans l’administration de la justice, ce sont encore les pauvres qui en subissent le plus lourdement les conséquences : retards, inefficacité, carence de structures, absence d’une défense adéquate. Bien souvent, il ne leur reste plus d’autre possibilité que de subir l’injustice.

La paix pour tous naît de la justice de chacun. Nul ne peut se soustraire à un devoir d’une importance si déterminante pour l’humanité. Ce devoir concerne tout homme et toute femme selon leurs compétences et leurs responsabilités. Bâtir la paix dans la justice requiert en outre la participation de toutes les catégories sociales, chacune dans son domaine propre et en harmonie avec les autres composantes de la communauté. Dans la démarche éducative, la famille est irremplaçable, car elle reste le milieu privilégié de la formation humaine des nouvelles générations. La famille est la première école de la vie et ce que l’on y reçoit est décisif pour le développement futur de la personne. Aujourd’hui plus que jamais, l’amour pour les pauvres, pour les faibles, pour ceux qui souffrent, doit être un signe distinctif de chacun. Jean-Jacques GOLOU tient à une société authentiquement solidaire qui se construit grâce au fait que, pour aider les pauvres, ceux qui ont des biens ne puisent pas que dans leur superflu. Il ne suffit pas d’offrir des biens matériels ; il faut un esprit de partage, qui fait considérer comme un titre de gloire la possibilité de consacrer ses soins et son attention aux besoins de ses frères en difficulté. Ce combat est noble. C’est à ce titre que Jean-Jacques GOLOU reçoit la distinction « Palme Cardinal Gantin des Artisans de Paix ».

Author

Hugues Hector ZOGO

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