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HOMMAGE A LA FEMME, DON DU CIEL ET ACTEUR DE VIE…

« Pourquoi cette angoisse qui me tient éveillée jour et nuit, j’avais cependant tellement envie de cet enfant », tels sont les propos de chaque femme unique enceinte. Son regard est celui d’un enfant terrifié, elle ne dort plus, supporte très mal les modifications de son corps. Les mouvements de son enfant in utéro sont douloureux, mais lorsqu’elle ne les sent pas, elle le croit mort et panique. Elle ne peut mettre de mots sur cet état ni trouver de raisons à cette angoisse. Les paroles qui se veulent rassurantes de son entourage l’exaspèrent, et augmentent ce sentiment d’absence et de solitude infinie. Elle a peur de mourir dans l’instant. Son esprit ne peut concevoir la possibilité d’une vie humaine, une vie autre qui se développe en elle, une vie libre. Elle se sent clivée entre la possibilité d’un bonheur et la terreur de l’inconnu qui l’appelle.

L’angoisse des possibles. Rien ne peut lui dire qui sera cet enfant, s’il va vivre ou mourir, si elle saura l’élever, si elle pourra l’aimer, si son compagnon ne va pas la quitter, car il ne supportera pas la rivalité avec cet autre. Rien ne peut lui dire non plus, si elle même ne va pas mourir pendant l’accouchement, laissant un orphelin. Depuis le 8 mars 2012, les statistiques sont connues grâce à l’UNICEF : Chaque jour, chaque minute, une femme meurt de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. D’ailleurs l’accouchement lui-même est impossible à concevoir. Elle ne peut même imaginer, si c’est la première fois, la douleur des contractions utérines, l’ouverture de son corps, le passage impossible à travers un conduit trop étroit, une déchirure terrifiante, un enfant blessé définitivement handicapé. « Je ne veux pas souffrir », dit-elle, « je ne veux pas qu’il souffre, j’ai peur de cet inconnu inimaginable. » Rien non plus ne lui dira si cet enfant sera heureux mais ces questions sont encore informulables.

Au seuil de la maternité, sa joie angoissante devient plus immense. Elle va sous peu transmettre la vie, l’espoir, le monde. Sera-t-elle à la hauteur de cette tâche ? Tel est l’expression profonde qui l’anime quand elle croise un regard froncé à l’entrée. C’est pourtant la sage-femme…

Silence horrible teinté d’une voix grave et perçante donnant dégoût à la parturiente qui venait d’être mal accueilli. Par manque d’amour, elle a perdu sa vie en voulant en donner pour la survie de l’humanité. Ca se passe à côté de nous présentement. Nous avons préféré le silence à l’action puisque ce n’est pas notre sœur qui est dans le cas.

Chaque femme a le droit au meilleur état de santé possible, ce qui inclut le droit à recevoir des soins fondés sur le respect et la dignité. La mort d’une mère est particulièrement éprouvante pour ses enfants. Si cette femme n’avait pas perdu sa vie, on aurait eu un enfant merveilleux. Il peut commencer une nouvelle histoire, et donner sa chance à l’humanité.

Plein de bonheur à toutes les femmes qui ont bravé les caprices de nos sages-femmes pour donner vie à des êtres qui nous sont désormais intimement liés à jamais.

Hugues Hector ZOGO

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