Mémoire Héritage

La paix est une valeur si importante qu’elle doit être de nouveau proclamée et défendue par tous. Il n’est pas un être humain qui ne retire un bien de la paix. Il n’est pas un cœur humain qui ne soit comme transporté, lorsque prévaut la paix. Toutes les nations de l’univers ne peuvent pleinement réaliser leurs destinées étroitement liées entre elles, que si elles cherchent ensemble la paix comme valeur universelle. La paix est une valeur qui correspond aux espoirs et aux aspirations de tous les peuples et de toutes les personnes, les jeunes et les anciens, les hommes et les femmes de bonne volonté.

Hommes d’Etat et hommes politiques : prenez les orientations qui encourageront les gens à redoubler d’efforts dans ce sens. J’en appelle à vous, hommes d’affaires, vous qui êtes responsables des organismes financiers et commerciaux : reconsidérez vos responsabilités envers tous vos frères et sœurs. J’en appelle à vous qui souffrez, qui êtes handicapés, diminués physiquement : offrez vos vies pour que soient brisées les barrières qui divisent notre pays. A vous tous, à chacun de vous, jeunes et anciens, faibles et puissants, je vous le demande : choisissez la paix comme la grande valeur qui unifie vos vies. Où que vous viviez sur cette terre, je vous exhorte instamment à rechercher dans la solidarité et le dialogue sincère : La paix comme valeur sans frontières, partout un seul peuple uni dans une seule Paix.

La question de la paix a besoin d’être considérée avec une grande honnêteté intellectuelle et une grande sincérité, avec un sens aigu de la responsabilité envers soi-même et envers tous les peuples de la terre. Je voudrais demander à ceux qui sont responsables des décisions politiques de se persuader qu’il ne peut exister qu’UNE SEULE PAIX. Je vous invite tous à apporter votre aide à la construction d’une paix unique, fondée sur la justice sociale, sur la dignité et les droits de toute personne humaine. Cette tâche exige une ouverture d’esprit totale vis-à-vis de toute l’humanité et la conviction que tous les êtres humains du monde sont liées les uns aux autres.

Nous sommes profondément conscients que la paix est aussi une valeur qui repose sur des bases très fragiles, dans la situation actuelle. A première vue, notre intention délibérée de faire de la paix un impératif absolu peut paraître utopique, car notre monde fait preuve, à l’évidence, de la priorité qu’il accorde de manière excessive à l’intérêt particulier, lorsque des groupes s’opposent sur le plan politique, économique et idéologique. Sous l’emprise de ces systèmes, les chefs et les divers groupes sont entraînés dans la poursuite de leurs objectifs propres et de leurs ambitieux désirs de pouvoir, de progrès et de richesse, sans tenir suffisamment compte des nécessités et des devoirs qu’impliquent la solidarité et la coopération internationales en vue du bien commun de tous les peuples constituant la famille humaine.

Dans cette conjoncture, des blocs sont formés et entretenus, ils divisent et opposent les individus, rendant la paix précaire et élevant de sérieux obstacles au développement. Les positions se durcissent et le désir démesuré de garder l’avantage ou d’augmenter sa part d’influence devient souvent le motif dominant dans l’action. Cela conduit à l’exploitation des autres, et cette spirale tend à une polarisation qui est alimentée par les effets de l’intérêt égoïste et par une méfiance croissante envers les autres. Dans une telle situation, ce sont le petit et le faible, le pauvre et les sans-voix qui souffrent le plus. Cela peut se produire de manière directe, lorsqu’un peuple pauvre et relativement sans défense est assujetti par la force.

La paix est en grand danger. Même s’il n’existe pas de véritable conflit armé là où règne l’injustice, c’est de fait une cause ou un facteur potentiel de conflit. En tout cas, une situation de paix au sens plein du mot ne peut coexister avec l’injustice. La paix ne peut être réduite à une simple absence de conflit ; elle est la tranquillité et la plénitude de l’ordre. Elle est compromise par les divisions sociales opposant les riches aux pauvres. Elle est compromise, lorsque l’usage de la violence engendre les fruits amers de la haine et de la division. Elle est compromise, quand l’exploitation économique et les tensions internes dans les structures sociales laissent les personnes sans défense et déçues, proies faciles pour les forces destructrices de la violence. Comme valeur, la paix est continuellement compromise par des droits acquis, par des interprétations divergentes et opposées ; elle peut même être habilement manipulée au service d’idéologies et de systèmes politiques ayant comme but ultime la domination.

Les racines les plus profondes des oppositions et des tensions qui détériorent la paix et compromettent le développement se trouvent dans le cœur de l’homme. C’est surtout le cœur et les comportements des personnes qui doivent être changés ; et cela nécessite un renouvellement, une conversion de la part des personnes. Aujourd’hui d’innombrables êtres humains, dans toutes les parties du monde, ont acquis un vif sentiment de leur égalité fondamentale, de leur dignité et de leurs droits inaliénables. Et en même temps, on prend de plus en plus conscience que l’humanité a une profonde unité d’intérêts, de vocation, de destin, et que tous les peuples sont appelés à former une seule famille dans la diversité de leurs richesses et de leurs caractéristiques nationales. Il est également important de relever que l’on est de plus en plus conscient du fait que la réconciliation, la justice et la paix entre les individus et entre les nations – étant donné le stade où est parvenue l’humanité et les très graves menaces qui pèsent sur son avenir – ne représentent pas seulement un noble objectif ne concernant que quelques idéalistes, mais une condition de survie à proprement parler. Il est donc de nécessité vitale aujourd’hui d’établir un ordre fondé sur la justice et la paix, et cet impératif vaut pour tous les peuples et tous les régimes, au-delà des idéologies et des systèmes. Le vrai chemin qui mène à une communauté mondiale où régneront la justice et la paix sans frontières parmi tous les peuples et sur tous les continents est le chemin de la solidarité, du dialogue et de la fraternité universelle. C’est le seul chemin possible. Les relations et les systèmes politiques, économiques, sociaux et culturels doivent être imprégnés par les valeurs de solidarité et de dialogue qui, à leur tour, demandent à prendre une dimension institutionnelle sous la forme des organismes spécialisés de la communauté mondiale veillant au bien commun de tous les peuples. Il est clair que, afin de réaliser effectivement une communauté mondiale de ce type, il faut abandonner les attitudes mentales et les conceptions politiques contaminées par la soif du pouvoir, par des idéologies, par la défense de ses propres privilèges et de sa richesse, et il faut les remplacer par une disposition au partage et à la collaboration avec tous dans un esprit de confiance mutuelle. La conversion du cœur engage les gens à promouvoir la fraternité universelle ; et le dialogue aide à atteindre cet objectif. Dans un esprit de solidarité et avec les moyens du dialogue, nous apprendrons : le respect de toute personne humaine, le respect des valeurs authentiques et des cultures chez les autres, le respect de l’autonomie légitime et de l’autodétermination des autres. Nous apprendrons à regarder au-delà de nous-mêmes, afin de comprendre et de soutenir ce qui est bon chez les autres ; à engager nos propres ressources dans la solidarité sociale en faveur du développement et de la croissance fondés sur l’équité et la justice ; à établir les structures qui permettront à la solidarité sociale et au dialogue de devenir des caractéristiques permanentes du monde où nous vivons. Les tensions que provoquent les blocs seront remplacées avec succès par les relations mutuelles de la solidarité et du dialogue quand nous apprendrons à insister sur la primauté de la personne humaine. La dignité de la personne et la défense de ses droits humains sont en cause, parce qu’elles sont toujours compromises d’une manière ou d’une autre par les tensions et les divergences entre les blocs qui se mettent généralement en place. Nous devons dépasser les barrières des systèmes afin d’entrer en dialogue avec tous les hommes de bonne volonté et de créer de nouveaux liens et de nouvelles formes de solidarité.

Author

Hugues Hector ZOGO

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