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Neuf ans après, l’abbé Gilbert Dagnon toujours dans nos mémoires…

Neuf ans après, l’abbé Gilbert Dagnon toujours dans nos mémoires…

« Un vieillard qui meurt en Afrique, est une bibliothèque qui brûle ». Cette réflexion de l’écrivain Amadou Ampathé Bâ nous plonge aujourd’hui dans la réalité de son contenu. En effet, la bibliothèque que constituait pour nous le révérend Père Gilbert Dagnon s’est réellement consumée mais laissant derrière lui, depuis neuf années, une histoire.

A quelques centaines de mètres de la majestueuse basilique de Ouidah se trouve la maison familiale des Dagnon. De là est sorti Gilbert Marie Thérèse Dagnon, le compositeur de l’hymne national du Bénin. Né le mercredi 18 août 1926, il fréquenta « l’école du Brésil » à Ouidah. Le Seigneur avait déjà prédisposé le cœur du jeune Gilbert pour le sacré. Malgré son jeune âge, il se confessait tous les jeudis. C’est à l’issue d’une confession, après une conversation avec le Père BLIN à la Basilique de Ouidah, qu’il a choisi de consacrer sa vie au Seigneur dans le sacerdoce plutôt que d’être, médecin, enseignant ou matelot. Comptant alors sur la grâce du Seigneur qui appelle, il se donna totalement en offrande pour sa formation. Il était alors en classe de CM2. A 29ans, il obtint la grâce de l’ordination presbytérale et fut par la suite, vicaire et curé. Grand ami de Padre Pio de Pietrelcina qui s’est manifesté plusieurs fois à lui, il est l’un des fondateurs de l’association internationale des exorcistes.

Après ses études en théologie et en philosophie, l’abbé Gilbert Marie Thérèse Dagnon devint professeur et supérieur au séminaire Ste Jeanne d’arc de Ouidah. Il est resté un serviteur inconditionnel des pauvres, mais il ne s’est pas consacré uniquement aux œuvres d’église. Il a aussi fait carrière dans la politique et compose à 34 ans l’aube nouvelle ; hymne national du Bénin. Son amour pour la musique, la poésie et l’art dramatique lui a permis d’écrire quelques pièces notamment : « Héros d’Afrique », « Adolévi ou l’amour pardonne toujours. » Aussi, a-t-il la fortune de composer sept (07) autres hymnes : l’Hymne de la francophonie, l’Hymne pour l’union des parlements, l’Hymne pour la croix rouge et le Croissant, l’Hymne pour l’Association des Producteurs de Pétrole Africain (APPA), l’Hymne pour la FECECAM (Fédéral des Caisses d’Epargne et de Crédit Agricole Mutuelle). A l’occasion du 20ième anniversaire de la béatitude éternelle de Raoul FOULEREAU, il avait été sollicité pour composer un hymne en son honneur.

La vie de ce digne fils de l’Eglise Catholique et du Bénin est et restera pour les jeunes lévites, une école. Car en réalité, elle est toute donnée à Dieu et aux hommes, nourrie d’une spiritualité mariale et d’un attachement aux saints, en particulier, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et Saint Pio de Pietrelcina. Nous le portons dans nos mémoires ! 

L’hymne national de la République du Bénin est l’Aube Nouvelle. Il a été écrit et composé par l’abbé Gilbert Jean Dagnon, et adopté à l’indépendance de la République du Dahomey en 1960.

Après que le Dahomey soit devenu la République populaire du Bénin en 1975, l’hymne national a été conservé, mais les mots « Dahomey » et « Dahoméen » ont été respectivement remplacées par les mots « Bénin » et « Béninois ».

Voici les paroles de l’Aube Nouvelle :

Refrain

Enfants du Bénin, debout !

La liberté d’un cri sonore

Chante aux premiers feux de l’aurore;

Enfants du Bénin, debout !

1er couplet :

Jadis à son appel, nos aïeux sans faiblesse

Ont su avec courage, ardeur, pleins d’allégresse

Livrer au prix du sang des combats éclatants.

Accourez-vous aussi, bâtisseurs du présent,

Plus forts dans l’unité, chaque jour à la tâche,

Pour la postérité, construisez sans relâche !

2ème couplet :

Quand partout souffle un vent de colère et de haine,

Béninois, sois fier, et d’une âme sereine,

Confiant dans l’avenir, regarde ton drapeau !

Dans le vert tu liras l’espoir du renouveau,

De tes aïeux le rouge évoque le courage ;

Des plus riches trésors le jaune est le présage.

3ème couplet :

Tes monts ensoleillés, tes palmiers, ta verdure,

Cher Bénin, partout font ta vive parure.

Ton sol offre à chacun la richesse des fruits.

Bénin, désormais que tes fils tous unis

D’un fraternel élan partagent l’espérance

De te voir à jamais heureux dans l’abondance.

Author

Hugues Hector ZOGO

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