Mémoire Héritage

«ZERO JOURNALISTE EN PRISON»

Une démocratie est toujours basée sur la capacité d’exprimer librement des opinions diverses sur la gouvernance au pouvoir, les médias et les journalistes jouant un rôle clé dans ce processus. Ils contribuent à la participation effective des citoyens au débat démocratique. Ces responsabilités confèrent aux journalistes des droits et des devoirs. Le droit de pouvoir informer librement, sans subir de pression ou d’intimidation. Mais depuis la promulgation de la loi n ° 2017-20 sur le code numérique en République du Bénin, la profession de journaliste est menacée au Bénin. «ZERO JOURNALISTE EN PRISON» aide les journalistes à faire face aux défis éthiques auxquels ils sont confrontés dans l’exercice de leur profession et les aide à surmonter les pièges éventuels à éviter concernant le code numérique. Grâce au « guide » gratuit qui leur sera proposé, ils seraient équipés pour ne plus être détournés de leur mission d’information neutre et impartiale plutôt que d’information biaisée au profit de positions partisanes, qui engendrent finalement de la violence.

Énoncé du problème

Au Bénin, certains articles de la loi sur le code numérique renforcent le climat de censure et de peur. Au moins 17 journalistes, blogueurs et opposants ont été poursuivis en moins de deux ans en vertu d’une loi existante dont les dispositions répressives compromettent la liberté d’expression et la liberté des médias au Bénin. La Loi no. 2017-20 du 20 avril 2018 pourrait être une avancée majeure pour le secteur numérique. Malheureusement, certains de ses articles criminalisent la publication en ligne de fausses informations et de délits de presse. En conséquence, plusieurs arrestations et poursuites en vertu de certaines de ses dispositions renforcent le climat de censure et de peur qui règne au Bénin depuis les dernières élections législatives. Les journalistes ont peur. La liberté d’expression est gravement menacée.

Inévitablement, en matière de protection des droits de l’homme, le pays perd du crédit. Les principes de base du système démocratique qui concèdent la séparation des pouvoirs sont menacés. La presse perd son pouvoir et tombe de plus en plus. Un climat très tendu qui ne permet pas aux professionnels des médias, aux blogueurs et aux militants des médias sociaux d’exprimer librement des opinions divergentes. Ils sont harcelés et menacés. La police viole leur vie privée en les récupérant tôt le matin, provoquant la panique parmi les membres de leur famille. Les faits sont très expressifs et montrent réellement l’intention d’effrayer tout journaliste déterminé à être impartial dans le traitement de ses informations.

 

Témoignage !

En moins d’un mois, deux jo urnalistes, Ignace Sossou, Aristide Fassinou Hounkpevi et huit autres cyberactivistes sont devenus les victimes des dispositions répressives de cette loi. Les téléphones du journaliste Aristide Fassinou Hounkpevi ont été fouillés en son absence pendant sa garde à vue. Des officiers de l’OCRC lui ont ordonné de connecter le compte Twitter de son journal à l’un des ordinateurs de la police. Après sept jours de garde à vue, le journaliste Aristide Fassinou Hounkpevi a été libéré mais doit rester à la disposition de la police aux fins de l’enquête. Il a également été informé de la procédure de harcèlement engagée contre lui par le biais d’une communication électronique en vertu des dispositions de l’article 550-2 de la loi sur le code numérique. Il pourrait encourir une peine d’emprisonnement d’un mois à deux ans assortie d’une amende de cinq cent mille à un million de francs CFA.

La journaliste Ignace Sossou est une autre victime de la même loi. Arrêté et détenu depuis le 20 décembre 2019, il a été condamné à 18 mois de prison avec une amende de 200000 FCFA pour harcèlement par voie électronique. Son arrestation par des agents de l’OCRC soutenus par le commissariat central de Godomey s’est déroulée sans mandat, à la suite d’une plainte du procureur près le tribunal de première instance de Cotonou. Les journalistes vivent dans un climat de répression et de restrictions indues à la liberté d’expression au Bénin. Les journalistes, blogueurs et militants ne sont plus protégés conformément aux obligations internationales du pays en matière de droits de l’homme.

 

Face à cette sombre image, nous devons agir pour empêcher que des journalistes ne soient jetés en prison comme des voleurs alors qu’ils accomplissent leur mission. Le projet «ZERO JOURNALISTE EN PRISON» contribuera à mettre fin à tous ces abus évoqués dans l’observation de la situation dans le pays. A la veille des élections présidentielles de 2021, telle est la mission que se donne l’ONG Paix Liberté en associant l’UPMB à sa démarche.

 

Le problème à résoudre et pourquoi le projet proposé est important

 

Le problème à résoudre est de mettre un terme à la détention des journalistes au Bénin et de permettre aux professionnels des médias d’être plus responsables dans le traitement des informations. Grâce à ce projet, les journalistes seront outillés et pourront prendre des précautions suffisantes pour éviter d’enfreindre la loi. Grâce à cette formation, les journalistes connaissent plus la loi numérique ou le code qui régit l’éthique de leur profession; ils sont formés pour se conformer aux textes en vigueur dans l’exercice de leurs fonctions et fournir des informations crédibles auxquelles les populations ont droit. Ils pourront travailler dans un climat paisible et un environnement serein qui leur permettront de mener des enquêtes sans crainte. Mais pourquoi le projet est-il nécessaire ? Des élections libres et transparentes sont le fondement même de la démocratie représentative. Or, il n’y a pas de démocratie représentative sans citoyens informés. Voter dans un État démocratique ne se limite pas à l’acte de voter, en d’autres termes, introduire un bulletin de vote dans une urne. L’élection dépend également, dans une large mesure, des informations dont disposent les électeurs sur les questions techniques, institutionnelles et logistiques liées à la conduite du processus électoral et de leur connaissance de ceux qui demandent le vote de leurs concitoyens et des programmes que les candidats proposent. Cependant, seuls des journalistes libres et indépendants peuvent pleinement assumer la responsabilité d’informer. Cela suppose qu’ils aient préalablement été dûment formés à cet effet et, enfin, qu’ils puissent exercer leur profession en toute sérénité.

Objectifs du projet

L’objectif de ce programme se décline ainsi que suit : sensibiliser les journalistes au contenu du Code d’éthique et de déontologie de la presse béninoise et décrypter la loi sur le Code numérique du Bénin ; concevoir un «guide» gratuit, accessible en ligne et sur papier pouvant permettre aux journalistes d’avoir facilement accès aux informations portant sur le Code d’éthique et de déontologie de la presse et un résumé de la loi du Code numérique en République du Bénin. Ce guide comporte aussi plusieurs articles américains sur la liberté des média, l’appel solennel de l’UPMB à une Presse libre et responsable et des conseils de spécialistes de la Communication sur la façon de se conformer au code de l’information et au code du numérique ; encourager les journalistes à porter le flambeau de la vérité ; amener les journalistes à dénoncer la répression gouvernementale par des mécanismes appropriés ; sensibiliser les journalistes en prison ou pris au piège dans les procédures judiciaires en République du Bénin ; responsabiliser davantage l’UPMB à défendre les journalistes Béninois auprès des gouvernants ; faire un plaidoyer à l’égard des autorités politico-administratives du Bénin en vue de .

Les activités du projet

Ce projet comporte plusieurs composantes qui sont les suivantes :

a. offre d’un « guide » aux journalistes ;

b. sensibilisation au code de déontologie de la presse béninoise ;

c. décryptage du code numérique ;

d. partage d’expériences et réalisation d’émission radio sur la gestion des crises pendant la période électorale ;

e. travaux en ateliers portant sur le livre « Media Debates. Issues in Mass Communication» de Everette E. Dennis et John C. Merrill

f. mise en place d’un réseau de journalistes libres au Bénin.

g. sensibilisation des journalistes mis en prison ou ayant subi de préjudices graves dans les procédures judiciaires liées au code du numérique ;

 

Calendrier du projet proposé

Le projet se déroule en plusieurs phases.

Equipe 1 : du 15 au 16 septembre à Savè.

Equipe 2 : du 17 au 18 septembre 2020 à Tchaourou.

Equipe 3 : 25 juin 2021 à Parakou.

 

La sensibilisation des journalistes mis en prison dans les procédures judiciaires liées au code du numérique se fera toute la période où ils séjourneront dans leur lieu de détention. Ceci leur permettra de bénéficier d’un appui moral et leur donner l’opportunité de croire en leur chance de réussite après leur libération.

Plusieurs vidéos sont réalisées pour aider les journalistes à mieux cerner les défis auxquels ils sont confrontés.

La liberté de presse est possible au Bénin. Avec audace, responsabilité et éthique, le défi de la vérité sera maintenu. Téléchargez gratuitement cette oeuvre qui en parle.
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